samedi 27 août 2011

Galaktompoureko

Il y en a qui pensent que le galaktompoureko est le roi des gâteaux grecs. J'en doute, le kadaïf étant l'un de mes préférés, les mélomakarona certainement celui qui m'a le plus manqué et le baklava certainement mon pêché mignon quand il est fait avec noix/pistaches/amandes.

La recette est la contribution de Niki Delikanaki que je transcris pour vous.

Vous allez avoir besoin d'un paquet de phyllo (philo,phillo, filo). Si vous n'avez pas une épicerie grecque, ou turque, ou kurde, ou un magasin avec des produits exotiques vous n'irez pas vraiment loin dans la recette. Il y a des substituts, mais le résultat ne pourrait pas décemment être appelé galaktompoureko.

Go.Get.Phyllo!
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Si vous vous faites chier pour en trouver prenez donc plusieurs paquets, ça se congèle très bien.

Ca vous prendra 12 feuilles (aka phylla). Le reste vous servira certainement, disons pour un pastitsio ou pour des mpourekakia et je posterai bien une ou deux recettes ici.

Il vous faudra du beurre, 160 g. Prenez le meilleur que vous trouverez et que vous trouvez convenable pour votre porte-monnaie. Le beurre compte pour beaucoup dans le goût final.

Pour la crème, et je n'ai jamais compris pourquoi on appelle ça une crème.
Il vous faut du lait, beaucoup de lait, 2,5 litres de lait ! Galakto, right? Vous savez pourquoi maintenant. Prenez le low fat, faire semblant que vous vous inquiétez pour les calories. Prenez le high fat pour une crème plus crémeuse et des rondeurs à flatter.
Demerdez-vous avec le lait, je ne m'y connais pas en lait. Moi j'utilise du lait de soja et le résultat est médiocre, mais pour les handicapés des produits laitiers c'est une solution, pour faire semblant de manger du galaktompoureko… Si vous le servez en dessert après un repas bien arrosé ça passe. Sinon ayez pitié des gens normaux.

Il faut du sucre, 2 tasses à thé quasi-pleines. Alors le lait low fat… N'est-ce pas ? Et il y en a encore du sucre qui vient.

Prenez aussi de la semoule, fine, la plus fine disponible. Il vous faut deux cuillerées à soupe bien tassées par 250 ml de lait. Faites le calcul, Niki se spécialise en enseignement des maths en pré-scolaire, elle a planté un exo dans la recette ! "για κάθε φλιτζάνι των 250ml γάλα αντιστοιχούν 2 γεμάτες κουταλιές σούπας σιμιγδάλι" Si vous avez des problèmes de calcul, sachez que vous en avez juste assez de vos orteils pour compter. Juste !

Il vous faudra aussi 5 oeufs. Ca se vend par 6. Vous en reste donc … (remplissez) pour le faire à la coque (prévoyez de quoi faire les mouillettes aussi). Ce qui veut dire que des oeufs frais sont préférables. S'ils viennent de poules qui vaquent à leurs occupations librement c'est mieux et vous pourrez fantasmer sur la position du coq et de la poule.

Il vous faudra aussi du sucre vanillé, 2 sachets (pensez à prendre un troisième pour le sirop). Ou si vous avez la chance, 3/4 de gousse de vanille, réservez 1/4 pour le sirop.

Pour le sirop donc.
Trois tasses à thé et demie de sucre (yeah, low fat le lait)/p>

Deux tasses à thé et demie d'eau plate.

Ce reste de vanille dont je parlais, soit un sachet de sucre vanillé ou le 1/4 de la gousse.

Un zeste de citron.

Il vous faut un plat de la taille des phylla, un four, un pinceau, un bol pour le beurre fondu (pas trop chaud, mais fluide), un bol pour battre les oeufs (et pas le beurre), un bol pour la semoule, une casserole pour la crème (conséquente la casserole, elle prendra le lait et la semoule), une casserole pour le sirop (plus petite que l'autre), divers machins pour touiller, battre, fouetter, etc. Quasi indispensable un séchoir à cheveux, léger et puissant.

Une fois que vous avez tout, vous savez que vous avez oublié le torchon ! Un peu plus grand que les phylla. Légèrement humide. Il vous servira à garder les phylla couverts pour éviter qu'ils sèchent.


Au boulot !

Passez du beurre au fond du plat avec le pinceau. Posez le premier phyllo et beurrez le, toujours avec le pinceau; répétez 6 fois, pour former la base de votre galaktompoureko. Dès que vous avez les … phylla posés, commencez à préparer la crème, après avoir mis le four à préchauffer à 190°C.

Mouillez la semoule dans du lait froid, comme nécessaire et suffisant (ça varie avec la semoule et le lait). Comme ça pas de grumeaux. Les grumeaux ne son pas tolérés. Il y en a qui trouvent ça discriminatoire mais c'est comme ça ! Pas de grumeaux. Le reste du lait dans la grande casserole sur un feu vif jusqu'à ce qu'il soit bouillant. Baissez le feu, au frémissement, ajoutez la semoule mouillée, les deux tasse de sucre et la vanille et touillez, touillez, touillez, avec une cuillère en bois, jusqu'à ce que la crème soit ferme.

Dès qu'elle est ferme, sortez la du feu, battez les oeufs avec deux cuillerées de beurre fondu (hey, vous pouvez les battre pendant que le lait chauffe aussi) et ajoutez les à la crème en mélangeant pour avoir une crème homogène et lisse. Versez la crème dans le plat avec les sept (7) phylla (vous aviez trouvé, n'est-ce pas ?). Toute la crème. Le plat doit être un peu profond donc ! Tapotez le plat délicatement pour que la crème se repartisse de façon homogène.


Posez un phyllo sur la surface. Il flotte ! Beurrez-le délicatement. Il continue à flotter. Répétez l'opération … fois jusqu'à épuisement du stock des phylla prévus. Vous n'avez pas à compter, mais juste pour le plaisir.

S'il y a un excèdent de beurre versez le sur le dessus de la chose.

Placez le plat dans le four. Il y passera 35-40 minutes.

C'est là qu'intervient le séchoir à cheveux. Vous avez amplement le temps de vous laver les cheveux et les sécher. Si vous préparez votre galaktompoureko tôt le matin c'est mieux. Le bruit du séchoir va agacer les autres. Vous pouvez raffiner le réveil en portant des chaussures à talons et en faisant des aller-retour sur un sol qui claque bien. Si on vous traite de spastiki(o), souriez !
Alternativement, vous pouvez commencer à faire la vaisselle. Ca peut être aussi bruyant.

L'utilisation d'un minuteur réglé à 35 min n'est pas superflu si après avoir séché vos cheveux (ou fini la vaisselle) vous ouvrez Facebook. N'allez pas cramer votre gâteau ! Facebook est néfaste pour les gâteaux…

Après les 35 min surveillez jusqu'à ce que le phyllo du dessus soit bien doré. Sortez le plat du four, éteignez le four et attaquez vous à la préparation du sirop.


Faites bouillir sucre, eau, vanille et zeste de citron jusqu'à ce que le sirop prenne. Dès qu'il est prêt versez le sur le galaktompoureko et laissez les quelques minutes tranquilles ensemble, que le sirop imprègne la chose. Ne revenez pas sur Facebook. Pensez que vous avez réveillé quelqu'un et qu'il est peut-être temps d'aller vous faire excuser. N'hésitez pas, votre humeur ne sera que meilleure pour la journée et vous aurez un double sourire en y pensant au moment de servir le galaktompoureko.


Coupez des morceaux à votre convenance, petits ou grands, carrés ou rectangulaires ou en losange.

Si vous avez des petites assiettes en verre bleu-cobalt c'est le moment de vous en servir, avec le doré des phylla ça en jette.

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Consommez le jour même. TOUT. Si besoin faites appel à l'aide des voisins ou des amis. N'en laissez pas pour le lendemain.


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dimanche 10 juillet 2011

Poires rôties au miel et sirop d'érable, tuiles au gingembre

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Je ne suis pas une bouche à sucre, pas tellement dessert et je préfère cuisiner salé mais j'ai un faible pour les poires. Fruit élégant, évocateur, au langage si délicat et si raffiné. J'ai créé cette recette sur la base d'une expérience fort goûteuse dans un restaurant belge il y a une vingtaine d'années. J'en avais tant apprécié la saveur que j'ai tenté mille et une manière pour retrouver cette sensation première particulière si fondante au palais et si généreuse. Après moults expérimentations, échecs et déboires, j'ai fini par m'approcher de l'oeuvre initiale et même de lui donner à ma façon plus d'éclat et de tempérament. Ce plat au bord de l'aphrodisiaque se sert avec une bonne glace vanille et des tuiles au gingembre en forme de délicates dentelles irrégulières et savoureuses à faire soi-même aussi, naturellement. Un bonheur à servir à ses convives en fin de repas, ça délie davantage encore les langues et ça met en émoi. Un véritable ravissement à partager entre amis ou en famille pourvu que ça ne soit que des êtres chers et précieux à son coeur, pas question de donner un caviar de cette sorte à une tablée de malotrus ignares.


Ingrédients:

* Une poire par personne, conférence de préférence, ni trop verte, ni trop mûre, juste à point. ( William peut aussi faire l'affaire mais c'est moins bien, moins belle tenue à la cuisson.)
* Une bonne lichette de beurre salé
* Miel d'acacia ou Mille fleurs
* Sirop d'érable. Évidemment si on peut l'avoir à la source, c'est mieux, sinon le Maple Joe fera l'affaire
* Alcool de poire
* Un citron
* Gingembre en poudre
* Poivre du moulin

Ustensiles:

* Une poêle, un saladier et une petite casserole
* Un couteau affûté et une cuillère en bois
* Une boîte d'allumettes

Peler les poires, les couper en quatre, enlever le trognon. Ensuite les émincer en lamelles moyennes, pas trop fines et pas trop épaisses. Réserver dans un saladier en ayant pris soin de presser dessus un jus de citron pour éviter qu'elles ne s'oxydent au contact de l'air. Faire fondre dans la poêle la lichette de beurre, une fois qu'il est mousseux, y mettre les poires et les faire revenir, rôtir et sauter jusqu'à ce qu'elle prennent une belle couleur dorée. Ajouter une bonne pincée de gingembre en poudre puis une bonne cuillère à soupe de miel ainsi qu'une giclée conséquente de sirop d'érable, au jugé d'un geste franc du poignet. Plus vous aimez sucré plus vous pouvez en mettre, à chacun sa limite, moi j'ai là plutôt la main légère. Laisser frémir à feu doux le tout.
Dans une petite casserole faire chauffer une belle rasade d'alcool de poire. Une fois qu'elle frémit y mettre le feu avec une allumette et renverser immédiatement cette flamme liquide et parfumée dans la poêle pour faire ainsi flamber le doux mélange. Un coup viril et volontaire de poivre du moulin là-dessus. C'est prêt!

J'aime servir ce plat à l'assiette. De préférence blanche et assez grande. Carrée si possible, ronde c'est joli aussi. Poser au centre une grosse boule de glace laiteuse vanillée et disposer comme un collier autour le mélange poêlé, chaud et mielleux. Et c'est là qu'alors on peut piquer en éventail dans la source glacée une ou deux tuiles dentelées au gingembre.

Pour les tuiles au gingembre :

* 150 g de sucre
* 50 g de farine
* 7 g de poudre de gingembre
* Jus d'orange, un peu
* Beurre doux, un chouiä,( autant que la farine, en fait.)

Mélanger le sucre, la farine, le gingembre. Ajouter le jus d'orange et le beurre qu'on aura fait fondre au bain-marie. Étaler la pâte obtenue et la couper en palets de taille à peu près identique. Mettre les tuiles obtenues sur une plaque chemisée de papier sulfurisé en espaçant un peu. Faire cuire au four à 180°, qu'on aura pris soin d'allumer avant d'avoir attaquer le mélange, 7 à 10 minutes jusqu'à ce que les tuiles commencent à dorer au bord. Mettre les tuiles chaudes juste sorties du four sur un rouleau à pâtisserie pour leur donner une charmante forme courbe. Les laisser ainsi refroidir. Servir et enjoy!

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jeudi 19 juillet 2007

Gaspacho extrêmiste



D'abord, prenez votre temps. Ce plat ne nécessite aucun tour de passe-passe difficile, c'est simple et c'est bon. J'ai une recette au céleri, pour la Gaspacho rude, en tout-petits-morceaux, mais celle-là, c'est la Gaspacho lisse, au mélangeur. Alors pas de céleri. La classique.


Coupez en morceaux grossiers 2 poivrons verts, un grand concombre anglais, un demi oignon rouge ou espagnol, un piment (jalapeno, hongrois, oiseau... l'important c'est de savoir doser, alors voyez-y en touchant le piment de l'index et en vous foutant l'index dans l'oeil par la suite: selon la douleur, on jauge).


Là, vous vous apercevez qu'il y a trop de «stock» pour votre pauvre mélangeur. Vous commencez par y mettre une boîte de tomates italiennes, et coiffez le tout des morceaux mixtes. Liquéfiez. Trouvez un chaudron qui pourra contenir cette concoction en entier.


Recommencez le bal avec le reste des morceaux mixtes, et une autre boîte de tomates. Le mélange vire au vert, il y a décidément trop de poivrons. Pas grave. Liquéfiez. Versez dans le chaudron.


Vous avez oublié les herbes et l'ail. N'écoutant que votre courage, vous ouvrez le frigo et y dénichez du vieil ail à moitié germé. Parfait. On fout les morceaux d'ail dans le mélangeur, la vieille coriandre fraîche qui était voisine de la gousse abandonnée et un bon paquet d'origan frais. Tant qu'à vider les restes, on pèle la mangue trop mûre et la presse bien au-dessus du mélangeur. Puis, on presse trois citrons verts. Enfin, une autre vieillerie nous aidera à liquéfier le tout: un reste de jus de légumes V-8 qui moisissait au frigo depuis un mois. Liquéfiez.


Cette mixture verte, aussi étonnant que cela puisse paraître, est délicieuse en elle-même. On la garroche quand même dans le chaudron. On goûte. Trop de piment. Toujours la même histoire. On tomate au goût (j'y ai mis pour ma part une autre boîte de tomates), sel et poivre abondamment, jusqu'à ce que le mélange soit agréable, avec une fin piquante. Là, un trait de vinaigre de riz, un d'huile d'olive, et le fond de verre d'Heineken puisqu'il faut passer au vin un jour. Ah oui, et un peu de sucre. Bien mélanger.


Laissez au frigo pendant quelques heures, et dégustez avec du pain grillé, ou rien du tout.


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jeudi 5 avril 2007

Le pâté aphrodisiaque de tonton pHiLoGrApH

Déçu des recettes aphrodisiaques ? Voici enfin celle qui fout la trique à coup sûr. Je ne rigole pas.

Ingrédients
500 g de dos de lieu noir
300 g de filet de saumon rose sauvage
Deux œufs
3 c-à-s de crème fraîche liquide
Une pointe de curry
Une pointe de gingembre
Une gousse d'ail
Deux cuillerées de moutarde de Meaux

Tchouquez le lieu noir en petits dés et scrawez-le au mixer. Pour faciliter l'obtention d'un flatche homogène, ajoutez-y quelques giclées de crème fraîche.
Montez les deux blancs en neige, jetez un jaune à l'évier et mélangez l'autre à votre bouse de lieu noir. Et comme vous en êtes à mélanger, profitez-en pour introduire subrepticement la pointe de curry, la pointe de gingembre et les deux cuillérées de moutarde de Meaux. A l'aide d'une spatule en bois, métissez doucement les blancs montés en neige et votre mixture de poisson moulu.
Coupez à présent le filet de saumon dans le sens de l'épaisseur. Avec un filet un peu sympa, vous devriez pouvoir obtenir trois belles semelles. Aiguisez votre couteau, gaffe aux paumes !
Aluminisez un contenant du volume d'une brique, frottez-le à l'ail et suintez-le d'huile d'olive. Plaquez une semelle de saumon sur le fond, versez la moitié de votre flatche, hippez-y une deuxième semelle, puis valsez le reste de la flatche et couvrez avec la dernière semelle.
Bazardez le tout au four dans un bain-marie à 200 degrés pendant les 100 prochaines minutes.

Durant cette phase de cuisson, capitale pour l'acquisition des vertus aphrodisiaques de la recette, trouvez-vous une jolie caille sur MSN. Vous faites comme vous voulez mais il est nécessaire qu'avant de sortir le pâté du four, la jolie caille vous ait flashé les petites pommes qu'elle a sous le chemisier ainsi que les rondeurs satinées qui assurent ses arrières. Sans quoi, allez comprendre, la recette prend moins bien.
Dégustez accompagné d'un champagne non dosé. Et d'une blonde bien roulée pour profiter des effets.

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jeudi 22 mars 2007

Farce de Malvina

FARCE DE MALVINA
À préparer n'importe quand, à faire cuire sur la cuisinière et à servir en accompagnement de la dinde, bien sûr, mais aussi du poulet ou toute autre préparation quand la nostalgie des repas des Fêtes nous saisit…

Ingrédients :

Bouillon : Abats (cou, cœur, foie de dinde) Note : à défaut, foies de poulet)`
1 grosse carotte
Feuilles de céleri
2 oignons moyens pelés et coupés grossièrement
Au moins 2 ½ litres d'eau (plus si beaucoup d'abats)

Farce : 8 tranches de pain grillé sans la croûte, découpé en petits dés
¾ lb de porc haché maigre (500 g)
¼ tassse d'oignon haché fin
2 tasses de céleri en dés
1 c tb de beurre
Sauge, coriandre, persil, sel et poivre
1 gros œuf

Méthodologie :

Faire le bouillon en faisant mijoter tous les ingrédients jusqu'à cuisson complète. Refroidir, couler (jeter les légumes) et réfrigérer. Lorsque froid, dégraisser et garder en attente;

Dans une cocotte épaisse, faire revenir le porc, l'oignon et le céleri dans le beurre. Déglacer avec le bouillon (en grattant les sucs au fond de la cocotte) puis recouvrir de bouillon et faire mijoter 20 minutes en brassant quelques fois durant la cuisson (attention que cela ne colle pas).

Pendant ce temps, écraser le foie à la fourchette. Hacher finement les parties charnues du cœur et du cou. Mélanger au porc cuit.

Ajouter petit à petit 3 tasses de pain grillé en petits cubes au mélange de porc.

Mouiller avec assez de bouillon pour couvrir le tout. Aromatiser avec les herbes, le sel et le poivre. Faire mijoter encore 20 minutes.

Battre l'œuf dans une tasse, réchauffer avec de la farce chaude (pour éviter la coagulation de l'œuf) puis bien mêler à la farce pour lier le tout. Amener à ébullition sur feu doux. Si trop épais, rajouter un petit peu de bouillon à la fois.

La farce est prête lorsque le mélange est épais et onctueux. Goûter et ajuster les assaisonnements si nécessaire.


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mardi 9 janvier 2007

Pâte à pizza 3.1



Mon obsession pour la pizza est née à l’épicerie Jos & Basile, sise rue Mozart, dans la Petite Italie. Dans ce vénérable commerce, la famille de Basile Izzo offre depuis des années une pizza dont la pâte est subtilement croustillante, très finement feuilletée, parsemée de minuscules bourgeons d’huile.
Pendant deux ans, j’ai vainement tenté de reconstituer la consistance de cette pâte. Je ne me décourage pas. Un jour je serai Basile à la place de Basile – mais en attendant, voici tout de même la recette que j’ai développée (version 3.1).

Pour deux pizzas, munissez-vous des éléments suivants :

1 1/4 tasses (310 mL) d’eau à température de la pièce
3 3/4 tasses (940 mL) de farine blanche non blanchie
quelques généreuses giclées d’huile d’olive (environ 1/4 de tasse)
1 poignée de semoule de blé
2 cuillerées à table combles de levure
1 cuillerée à table de sucre
1 grosse pincée de sel
1 grand saladier
1 bout de tissu humide pour recouvrir ledit saladier
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1 bière glacée

Première étape : débouchez la bière, prenez une gorgée.
Ensuite, la levure. Cet anodin champignon est le nerf de la guerre. Pour ma part, j’utilise tout bêtement la Fleishmans traditionnelle, en vente au coin de la rue. Dissolvez le sucre et la levure dans 1/4 de tasse (environ 60 mL) d’eau tiède. Attention, la température de l’eau est primordiale : trop froide, la levure vous boude ; trop chaude, elle meurt. Dans les deux cas, vous obtenez une bouette aussi navrante qu’inopérante.
Si la température est adéquate, la levure mousse, gonfle et prend bientôt l’allure du pouding anthropophage qu’affronta jadis Woody Allen dans The Sleeper.
Prenez quelques gorgées de bière pour patienter.
Lorsque la levure échappe enfin à votre contrôle, versez la farine dans le saladier. Ajoutez le sel, la poignée de semoule de blé et l’huile d’olive. Mélangez bien afin d’éviter que le sel n’entre en contact direct avec la levure, que vous ajoutez aussitôt. Mélangez derechef.
Intégrez les trois-quarts de l’eau et prenez une gorgée de bière, car vous voici au point de non retour. Oignez-vous les mains jusqu’aux poignets et commencez à pétrir. En ce qui concerne l’art antique du pétrissage, c’est ma sociologue préférée qui fait autorité. Pour ma part, je me contente de plier et replier – l’important est d’incorporer de l’air dans la pâte.
Incorporez la balance de l’eau avec prudence, petit à petit, afin de contrôler la texture de votre pâte. Voici où intervient la météo. Trois facteurs favoriseront la poussée :
la pâte est souple (donc bien hydratée) ;
la pâte est longuement pétrie (donc bien oxygénée) ;
la température ambiante est élevée.
(Je vous improviserais bien une petite équation, mais restons sérieux.)
Il s’agit en somme d’équilibrer ces forces contradictoires – et il n’existe, à ma connaissance, aucune façon précise de procéder. S’il fait froid, ajoutez de l’eau, voire de la levure, et pétrissez avec insistance. En juillet, inversez la tendance afin d’éviter que votre pâte ne prenne une consistance de guimauve. Le but est d’obtenir une masse élastique mais ferme. Trop souple, la pâte s’effilochera. Trop raide, elle cassera.
Le pétrissage dure entre 10 et 15 minutes. Tout dépend des conditions météo et de votre patience.
Lorsque la pâte atteint la consistance souhaitée, façonnez deux boules, déposez-les dans le saladier enfariné, recouvrez avec le tissu humide et abandonnez le tout dans un coin tranquille, à l’abri des courants d’air. L’intérieur du four est idéal ; laissez la lumière allumée pour tiédir l’ambiance.
La pâte doublera de volume entre 90 et 120 minutes. Profitez-en pour finir votre bière. Façonnez ensuite les pâtes à la main, sur des tôles ajourées. La garniture ne regarde que vous, mais un peu de romarin frais dans la sauce vous inculquera le sens de la poésie.
Cuisez à 400°C.

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lundi 8 janvier 2007

Chili (insérer superlatif)



D'abord, rétablissons les faits: le chili con carne n'est pas un plat mexicain. Les mexicains eux-mêmes en nient avec véhémence lapaternité, à juste titre. Car si le récit le plus saisissant de sa genèse met en scène des aztèques dépeçant du conquistador et s'en faisant un ragoût sacrificiel particulièrement épicé (si l'histoire vous plaît, sentez-vous à l'aise de remplacer le bœuf par de la viande d'espagnol mi-maigre), le récit le plus convaincant de son origine renvoie cependant à une poignées de colons espagnols dépêchés des Îles Canaries par le roi d'Espagne et débarqués à San Antonio, Texas (qui n'était, vers 1720, ni le Mexique, ni les États-Unis, mais bien colonie espagnole). Voilà pour la grande histoire.
La petite, à présent: la recette qui suit a été élaborée pour nourrir des colocataires, qui jugeaient — fort justement — que je ne participais pas assez à la salubrité minimale de nos espaces communs.
Ce chili («qui vous colle aux côtes», expression apprise de Mistral) avait le don de remettre les compteurs à zéro et d'ainsi alléger l'atmosphère — avant de l'empuantir ignoblement. Notez qu'il est impératif de ne pas suivre à la lettre une recette de chili. J'y déroge moi-même systématiquement, histoire d'insuffler à l'entreprise l'illusion du progrès. Parmi les intrus occasionnels : vin rouge, bière, cannelle, cari, oignons verts, piments habañeros (le piment le plus fort du monde, point barre), purée de chipotle, fèves noires, etc. Dernière remarque : comme presque tous les plats mijotés, un chili est toujours meilleur le lendemain.

Chili ...(insérez un superlatif de votre choix — l'intitulé d'un chili est primordial, et je ne vous révèle pas le mien)
(donne 8 portions)

500 g intérieur de ronde en dés
500 g bœuf haché maigre
1 petite boîte tomates broyées
1 grosse boîte tomates en dés
2 boîtes fèves rouges égouttées et rincées
1 cannette V8 (ou jus de légumes)
2 poivrons (couleur au choix)
2 oignons
1 ou 2 piments jalapeños (l'intensité est variable : goûter)
4 gousses d'ail
2 c.à s. pâte de tomate
2 c. à s. cassonnade
1 c. à s. sauce worcestershire
huile
Épices :
coriandre moulue, origan (pas la vieille enveloppe éventée : il y a trois ans que ça ne goûte plus rien), paprika, cumin (±1 c. à t. ch.), 2 feuilles de laurier et cayenne (au goût : prudence) — ou un sachet ou deux d'assaisonnement déjà préparé, mais bon, bof…
sel, poivre
Garniture :
coriandre fraîche
crème sûre
optionnellement : cheddar ou Monterey Jack rapé, à gratiner

Faire revenir la viande dans l'huile, égoutter. Saler, poivrer et incorporer un peu du mélange d'épices. Réserver. Faire sauter oignons, poivrons, piment(s) (hachés gros), ail (haché fin) dans de l'huile. Incorporer la viande et le reste des ingrédients, sauf les fèves rouges, le V8 et la coriandre fraîche. Laisser mijoter à feu très bas durant deux heures, en remuant de temps à autres (pour réduire le temps de cuisson de moitié — à feu légèrement plus élevé —, n'utiliser que du bœuf haché ou remplacer l'intérieur de ronde par une coupe plus tendre). Au cours de la cuisson, ajouter du V8 au besoin pour conserver la consistance voulue. Cinq minutes avant la fin de la cuisson, incorporer les fèves rouges (elle conserveront ainsi une relative fermeté). Rectifier l'assaisonnement au goût (si trop acide, ajouter un peu de cassonnade). Servir avec crème sûre et coriandre hachée. Et nachos ou tortillas.

Le jus de légumes V8 (original) est fait à partir des tomates (dominante) et du jus de sept autres plantes : betterave, céleri, carotte, laitue, persil, cresson, et épinards. Je n'en connais pas d'équivalent en France... Je chercherai, je chercherai !

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