jeudi 1 mars 2012

Sucre à la crème

Venise Landry

Le sucre à la crème Mère de monsieur B

Tout le monde fait du sucre à la crème au Québec. Ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi, la recette est donnée en partant : du sucre, pis de la crème ! C’est pas le diable ben compliqué, mais mozaille ! pourquoi donc le sucre à la crème de la mère de A est-il meilleur que celui de la mère de B, si c’est juste du sucre, pis de la crème !? Ça ne goûte jamais pareil mais surtout c’est jamais aussi mou ou aussi dur d’une main à l’autre. La dureté du sucre à la crème ne vient pas tant du trop de cuisson que de la dureté des comparaisons. Mais là comme je suis, le résultat de cette recette, si vous la réussissez, ne souffrira d’aucune comparaison.

Elle se qualifie de Bell façon, vous allez comprendre pourquoi, et tenez compte que je ne suis nullement commanditée pour la propager. Je l’appelle la Bell façon ou la façon Bell, parce que cette recette vient de  la mère de monsieur B. «Qui est monsieur B ?» entends-je, de mon oreille à la Janette Bertrand. Il ne faut pas être dans le secret des dieux pour connaître monsieur B, faut juste être né au Québec, ou à peu près, avoir un téléviseur, ou à peu près, vivre les yeux ouverts entre 1992 et 2006, et pas à peu près. Et surtout, condition sine qua non, ne pas sauter les commerciaux. Si vous remplissez ces conditions, vous connaissez monsieur B Bell et son époustouflante multiplication de soi. Une de ses multiplications est la personnification de sa mère. C’est la mère de Monsieur B qui m’a donné cette recette qui sort d’une revue Bell, pour initiés seulement.

Pré-requis : Avoir sous la main du sucre et de la crème et ne pas avoir peur de s’en servir pour garder un poids santé. À noter : Après ingurgitation, vous aurez un poids sauté, tellement vous aurez d’énergie.

Sucre : 1 tasse et demie de cassonade (tassée)
Sucre : 1 tasse et demie de sucre blanc
Sucre : 1/3 tasse de sirop de maïs (ou sirop de riz mais pas de sirop d’érable)
Crème légère : 150 ml de lait dit condensé (équivalent de la crème à 18%)
Crème en bloc : ½ livre de beurre
Un petit bouchon de vanille (puristes s’abstenir).

Couper le beurre en cubes pour qu’il fonde rapidement et jeter avec lui la balance des ingrédients dans un chaudron au fond  épais, le « épais » prenant une importance capitale. Ouvrir le rond (euh, ou la plaque hein ?) à chaleur moyenne, porter au point d’ébullition, tout en grattant les bords avec votre cuillère. Défense de lécher ladite cuillère, à moins que vous soyez grand amateur de bec pas de lèvres, le mélange est vite brûlant.

Quand le mélange bout à gros bouillons, descendre le feu à moyen-faible ou faible-moyen et calculer 9-10 minutes. Pendant que votre minuteur minute, surveiller la blondeur de votre ébullition. Si elle passe de blond à brun sans teinture, baisser le feu ardent, votre poêle s’enflamme devant de la bouillante blondeur.

Les méfiants vis-à-vis le temps qui passe, plus nombreux qu’on le pense, peuvent le tester en versant une goutte du mélange dans de l’eau très froide. La goutte doit figer, puis flotter, s’apparentant à un spermatozoïde libre. Mais si la goutte fait corps avec l’eau et manque de consistance, dépasser le temps prescrit. Et refaire le test du spermatozoïde, au besoin, c'est-à-dire souvent, chaque minute de cuisson de trop est irrécupérable.

Une fois le mélange retiré du feu, sauter sur votre meilleure cuillère de bois et  brasser vigoureusement ... pendant 10 minutes. Là est le secret du sucre à la crème « mère de monsieur B ». Faites-vous aller le gras de bras, n’excluez pas la crampe, et si elle a lieu, suppliez un autre membre de votre famille, de préférence avec des bras. Quand tous les bras sollicités crient en même temps que le minuteur, c’est le moment, ou non, d’ajouter le bouchon de vanille « pour non-puristes ».

Ensuite, laissez tomber mollement la lave chaude, épaisse et blonde, dans un moule.

Et là, attention, le plus difficile s’en vient, attendez que le mélange durcisse...





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vendredi 17 février 2012

Chili con carne

Sandra Gordon


Il te reste trente piastres pour deux semaines, et tu les caches scrupuleusement dans une pochette dissimulée de ton portefeuille.  Pour les cas de forces majeures.  Du café, des croquettes de chat, de l’essence ordinaire.  Mais voilà, le moment arrive où ton estomac te lâche un crisse de wack.  Ouain.  C’est alors que.
Que.
Tu. As. Faim.
Nan, tu n’as pas faim : tu crèves la dalle.  Tu mangerais un cheval.  La cavalerie entière, crisse.  Tu as tellement faim que tu en perdrais tes moyens… que tu n’as douloureusement pas.  Bon.  Tu fais quoi?  De-kessé-tu-fais?
Tu ouvres tes portes d’armoires de cuisine et tu zyeutes.  Puis celle du  réfrigérateur.  Zyeutes, zyeutes.  Tu retournes aux armoires à cuisine, question d’être sûr-sûr, puis tu regardes à nouveau le contenu du congélateur, juste pour être encore plus sûr.  Des glaçons.  Un sac de maïs congelé.  L’inventaire se fait au premier coup d’œil, nul besoin de déplacer quoi que ce soit.  Ça fait des semaines que tu n’as pas fait une épicerie digne de ce nom et toutes les tablettes de la cuisine, quel que soit la température de son ambiance, sont pratiquement vides.
« Euh… »
Manger, le verbe sans l’action, et au conditionnel présent.  Conditionnel à ce qu’il te reste  – c’est-à-dire pas grand-chose.  Du bicarbonate de soude, de la poudre à pâte, de la cassonade.  De l’amour et de l’eau fraîche?  Des plans pour vomir de la bile le lendemain matin.  Nan.
« Mange ta main, garde l’autre pour demain!»
Ta mère te chantait peut-être ça à l’époque?  Et tu ne la trouvais peut-être pas particulièrement drôle?  Tout compte fait, tu es peut-être rendu au point où même ta paluche te semblerait délicieuse marinée pendant six heures puis grillée sur le barbecue.  Mmm.  Des beaux carrelés rôtis sur la paume et sur le dos, avec les effluves de romarin et d’ail.  La gauche au pire, vu ta droititude.  Droiterie.  Droiture.  Droiti…  Ah!  Anyway.
Tu grignotes le fond pulvérisé d’un restant de vieilles céréales tout en réfléchissant.  Un reste de fromage.  Du lait.  Un sac d’oignons.  Des gousses d’ail désarticulées.  Aucun restant.  Aucun TOUSKI, tiens, ce fameux repas de seconde zone dont seul le terme suffit à amuser fièrement les ménagères qui en font l’usage.  Elles pensent sérieusement avoir inventé quelque chose, oooouh, et elles jubilent à l’idée de nous instruire tout en nous relatant leur quotidien pourri et hautement inintéressant.
« Nous, hier soir, on a mangé du TOUSKI…  Tout-ce-qui-reste!  Hihihi! »
Même les innombrables sites Internet dédiés à la cuisine ne sont pas foutus de te donner un coup de main.  Vrai qu’avec MARINADES+FROMAGE+OIGNON, les résultats ne sont pas très probants.  Alors on se creuse les méninges… et l’appétit, du même coup.  Hélas.

«Ouain, pis? »
–Ben... je sais pas, là…  Je regarde ce que j’ai, que j’ai…

1. Oignons;
2. Ail;
3. Poudre de chili;
4. Sauce Tabasco;
5. Cumin;
6. Boîtes de conserve de légumineuses (haricots noirs, rouges, blancs, name it, ça fait l’affaire);
7. Boîtes de conserve de tomates en purée (ou en dés, on s’obstinera pas là-dessus);
8. Maïs congelé ou en conserve.  (Sauf au mois d’août : des vrais de vrais, tsé);
9. Pâte de tomate, si ta mixture est trop liquide.  Genre;
10. Sel;
11. Poivre;
12. Laisse-toi aller avec ce que tu as, c’est pas de la maudite science pâtissière.

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« Pis le carne? Hein?  Y’é où ton carne? »
— Ben.  Tu peux compter ton petit change pis aller t’acheter un peu de bœuf haché.  Sinon, tu le manges drette de même.  Avec du fromage râpé, des pitas passés au four, ou des chips tortillas.  Pis si tu files foubrac, tu t’achètes de la crème sure.

— Buen apetito!  Con carne, esto va a ser mucho major!
— Ouais.  C’est mon avis aussi.  T’as pas une poignée de change?


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dimanche 12 février 2012

Sapinescence

Kevin Vigneau

Comment se passer un sapin…sans s’en passer.


À treize ans, l’âge où les hormones nous fourmillent le cul, le derrière et le devant, sans qu’on sache pourquoi, entre bandes de jeunes hommes, on avait eu l’audace d’aller louer des films avec  des X qui nous permettraient de connaître un peu mieux les relations humaines. Des VHS avec des univers musicaux à la Bachelet, Emmanuelle, et ce genre de classiques que les 80’s nous ont donnés.

Il avait fallu y aller sur le pouce et en revenir de la même manière, au club vidéo, le visionnement avait conséquemment débuté vers le début du lendemain, et les deux films loués m’avaient retenu chez mes amis jusque tard avant l’aurore.

Mon Grand-père, Évé de son prénom et que nul ne dise mot à ce sujet, m’avait demandé d’aller avec lui préparer une recette de « sapin », telle qu’il la nommait. Il est alors venu me lever de mon lit adolescent plein de traitement auto-perpétué suite de nuit sans sommeil, pour me ramener à la tradition qu’il voulait m’apprendre, laquelle, ai-je appris ensuite, il tenait des indiens lors de ses années de bûchage aux abords du Lac Érié.

Sans trop me poser de questions, il me mit une hache dans les mains et me montra à reconnaître le sapin, le bon, celui dont l’écorce est encore verte lorsqu’on la gratte avec le doigt. « C’est celui-là qui faut couper ». Après avoir reconnu les jeunes pousses sapineuses dont je devais m’occuper, mon aïeul me montra comment couper les branches avec l’instrument du bourreau sans que je me doute que je serais victime quelques secondes plus tard, parce que manque de sommeil, parce que manque d’expérience, parce que plein d’idées de peau en tête et très peu d’idées de sapinage : un coup de hache direct sur mon pouce qui dévoilait l’os et la jointure.

J’allais pleurer, de fatigue, d’écoeurement, je ne voulais qu’Emmanuelle ce matin-là. Évé m’a dit, alors : « Tu prends de la gomme de sapin, pis tu la mets sus ton affaire, on va pas brailler comme une maîtresse d’école, on a job à finir, ça marche le bois ».

Ai pas eu le choix, ai suivi la recette et ai continué à l’aider à préparer son remède, lequel, avant de vous donner la cuisine, je dois l’avouer, à guéri mon pouce sans points de suture, mon asthme sans médication, mon manque de confiance envers des sagesses anciennes, mais pas mon affection pour la musique de Pierre Bachelet.

Sapinescence


Prendre 3 ou 4 jeunes sapins baumiers dont les sous-couches de l’écorce apparaissent vertes suite à un grattage avec l’ongle.

En couper les branches et tous les éléments de façon à n’avoir qu’une sorte de pieux dont on retire l’écorce en faisant filer un couteau sur le bois dur de l’arbre.

Après avoir mis les pelures d’écore dans un chaudron, faire bouillir de l’eau dans une bouilloire et ajouter l’eau au fur et à mesure dans le chaudron d’écorces en n’oubliant pas de boire sa bière quand le foie le demande.

Le chaudron d’écorces empli d’eau bouillante, s’assurer de sa foi et de son foie, laisser le tout à chaleur constante pendant 24 heures, tenter si votre régime le permet d’être chaud tout autant pendant 24 bières, et ensuite filtrer le liquide des bois qui vous permettra de vous remettre de votre cuite ou de vos VHS interdits.

Mais faut jamais que ça bouille !!! Ça tue la sève, c’est comme l’amour et la porno.

Ma main tranquille aujourd’hui et coude levé,

KV




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Recette de bines au ....

lièvre euh... au lapin. Fut un temps où je n'avais aucune difficulté à me trouver lièvres et perdrix pour donner plus de consistance à mes bines. L'époque étant ce qu'elle est, de plus en plus aseptisée mais toute aussi barbare, presque plus personne ne va à la chasse aux petits gibiers ou encore mes contacts sont soit décédés, soit handicapés par devant leurs articulations ce qui posent un certain problème quand vient le temps de tirer sur la perdrix qui te nargue ou encore pour aller relever ses collets les lendemains de pleine lune sur les trails à lièvres.Tout ça pour vous dire que ma Marjo avait prise comme résolution du jour de l'an 2012 de donner à souper à la famille (mes parents et nos enfants) à toutes les 2 semaines jusqu'à notre départ pour les Europes dans pas long.

Voulant lui donner un break de popote d'à tous les 2 samedis j'ai décidé ce samedi-ci, de lui emprunter son tablier et de la libérer temporairement de sa résolution culinaire.

Question de bien trancher d'avec son répertoire de menus bi-hebdomadaire qui se voulait souvent de culture étrangère et qui ne rejoignait pas, mais alors là pas du tout mes parents et nos propres enfants oui la chair de notre chair dans leur idéal de souper familial, j'ai opté pour un classique : mes bines au lièvre, lièvre que j'ai remplacé par du lapin pour les raisons que vous connaissez et dont je renierai l'espèce au moment du souper, espérant confondre mon papa dont je soupçonne la vue et le goût d'être en forte régression depuis quelques années.

Donc: 2 livres d'haricots blancs que j'ai fait tremper toute la nuit dans de l'eau froide dans mon chaudron de céramique. Au petit matin j'ai rincé les bines et enlevé celles qui n'avaient pas fières apparences avant de les faire mijoter une 30aine de minutes. Pendant ce temps-là je mélangeais les quantités approximatives de 1 cuillerée à thé de sel, 4 de vinaigre de de cidre, 1 de moutarde préparée, 2 cuillérées à table de cassonade, 1/2 tasse de mélasse, 1 tasse de ketchup. Pour lier le tout et en faciliter le répandage sur les bines plus tard j'ajoutais de l'eau bouillante au mélange.

Après le mijotage de 30 minutes, jeter l'eau de cuisson ( moins de vocalises anales) rincer les bines, placer des cubes ou des larnières de lard et les rondelles d'un gros "nognon" dans un chaudron de céramique ( ça enlève le goût métallique des chaudrons ordinaires) puis déposer les haricots. Ajouter le mélange des quantités approximatives, couvrir d'eau bouillante et mettre au four. "Starter" les bines à 350 F pendant 1 heure.

Pendant cette heure-là vous pouvez, si vous le souhaitez, vous rincez le gosier en badigeonnant le lapin, coupé en quartiers, de sirop d'érable et de paprika (aucune idée de ce que ça va donner, c'est la première fois que je badigeonne un lapin de cette façon-là).

Les 60 minutes passées vous pouvez baisser le feu du four à 200-250 F et ajouter les morceaux de lapin.

Cuire encore 4-5 heures en n'oubliant pas d'enlever le couvercle du chaudron durant la dernière heure pour faire brunir les bines.

J'ajouterai à mon menu: toasts de pain de fesse sur rond de poêle, saucisses bien grasses, pâté mexicain parce qu'il nous reste plus de pâté à viande dans le congélateur et quiche florentine.
Bonne journée
Gaétan

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jeudi 26 janvier 2012

Crumble Lolo Montès

Pourquoi ce bruit de pas dans la neige derrière moi....je suis seule... ce sont les miens... je cours sur la surface granulée des flocons... ils tombent cinglants et froids sur la couche un peu molle, presque alanguie à même le fond noir de l'asphalte urbain...
Vite j'ai besoin d'arriver vite... préparer un crumble pour 30 invités: les gens du cirque de Moscou les clowns blancs et les trapézistes et celui de France : le jongleur-poète dont les balles rient de la rime .
Mettre le crumble au four, 1heure à 180 degré... L'avaleur de feu, au coin de Notre Dame, dispose ses spectateurs autour de lui, comme du beurre sur un fond d'un poêlon... gare aux poils brulés de celui qui passe en courant pour rompre le cercle magique...
Combien de pommes pour tant de personnes...
C'est moi la pomme à courir à bout de souffle dans la rue qui s'étouffe sous les flocons...
Voyons calculons 4 personnes... 4 pommes... 400g de fraises... j'aimerais bien faire disparaitre le tapis blanc pour découvrir les fraises dans les bras du lapin blanc qui fait le joli coeur... pas de fraises, des poires...
100g de farine blanche et 100g... de sucre en poudre... à croire que le clown blanc se moque de moi, la bouche fendue jusque aux oreilles, à croire que cette couleur a pris la tête... Le peloton serré des flocons me pousse dans le vent d'hiver, la neige rétive a des grincements de dents....
La cassonade... 50g simplement... Le canasson tourne sur lui même, dans une valse risquée... Il faut travailler tout cela à bout de doigts glacés... les acrobates en savent quelque chose... et moi qui suis tombée...
100g de beurre j'allais oublier... pour monsieur Loyal qui passe de la pommade entre deux numéros et voilà qu'il me tend un bouquet de 30 roses dans la nuit étoilée...
A moi Lolo Montès...

Recette du crumble
Epluchez les fruits
Taillez les en dés de1cm
Mélangez le sucre la farine le beurre la cassonade pour en faire une pâte sableuse pas trop homogène
Préchauffez le fourà180 degré
Recouvrez les fruits de la pâte à crumble
Faites cuire 1heure au four
Laissez refroidir et servez...

- Laurence Guez -

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dimanche 15 janvier 2012

La purée de Blue

C’est une des rares recettes que je tiens de ma mère qui la tenait elle aussi de la sienne. Maman n’était pas un cordon bleu et avait une prédilection pour les recettes simples et familiales, elle avait de plus un amour étonnant et sincère pour la pomme de terre qu’elle tenait comme l’élément de base de l’alimentation, sans doute parce que son père en avait des champs entiers. J’ai des souvenirs lointains et courbés d’avoir passé des étés à ramasser ce noble tubercule, voilà une des manières de le valoriser.

Pour élaborer cette purée il faut :

  • 2kg au moins de patates, la bonne grosse Bintje du Nord convient mais la Samba ou L’Agatha donne sans conteste à ce plat une saveur plus fruitée. Personnellement je préfère.
  • Une plaquette de 250 gr de beurre demi-sel.
  • Un grand verre de lait.
  • Un jaune d’œuf.
  • Du sel.
  • De l’huile de coude.

Les ustensiles nécessaires sont simplissimes :

  • Une grande casserole.
  • Un presse-purée (On peut le faire aussi à la fourchette mais l’onctuosité n’est pas au rendez-vous.)
  • Une grande cuillère en bois.
  • Un plat à gratin allant au four.

Epluchez les pommes de terre. J’aime bien les éplucher sur une feuille prise au hasard dans ma pile de vieux journaux contre la cheminée, toujours là pour allumer un feu. C’est amusant de lire tout en épluchant des articles en tout genre qui ne sont plus forcément d’actualité. Une fois épluchées, les mettre à cuire dans la casserole pleine d’eau qu’on aura salée au préalable.

Une fois qu’elles sont bien cuites, les égoutter puis les passer au presse-purée. En même temps mettre à chauffer le lait.

Quand toutes les pommes de terre sont bien écrabouillées au fond de la casserole, y adjoindre la plaquette de beurre en entier, eh oui ! par petites lichettes et bien tourner pour faire pénétrer la matière grasse qui va donner tout son fondant à cette préparation. Y mettre le lait bien chaud sans cesser de tourner. Très important de ne jamais cesser de tourner vigoureusement afin d’éviter toutes sortes de grumeaux et obtenir une consistance onctueuse. Goûter avec le doigt ou du bout de la cuillère en bois et rajouter du sel si cela ne suffit pas. Enfin y mettre le jaune d’œuf qui colorera la préparation davantage.

Mettre dans le plat qui va au four, bien mettre à plat et faire avec le dos d’une fourchette des petites rayures régulières à l’horizontale. Faire dorer légèrement et servir bien chaud.

Inutile de dire que ce plat est particulièrement convivial. Chez nous il est en plus dominical ! C’est un Dimanche raté qu’un Dimanche sans purée ! Chacun se sert à sa convenance mais tous ont le même réflexe du petit cratère qui va accueillir la sauce du poulet ou de la viande servi avec. Je ne conçois pas de plus de servir une purée sans une belle salade verte. Pour le goût et pour la couleur dans l’assiette, le chromatisme participe au plaisir.

L’idéal c’est d’en faire plus que nécessaire pour pouvoir le lendemain utiliser ce surplus pour un hachis Parmentier ou mieux encore le pâté chinois de Christian Mistral à condition bien entendu de mettre la main sur une boîte de crème de maïs, ce qui par chez nous n’est pas une mince affaire !

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samedi 29 octobre 2011

giouvarlakia avgolemono

C'est pour les jours où il y a de la viande hachée disponible. Je vais vous donner la recette classique envoyée par Niki, avec un bonus à utiliser ad libitum lors de vos péripéties culinaires; c'est aussi pour ce genre de trucs que je l'aime cette fille. Rien que pour ça vous devez lire la suite.

Mais aussi, à la fin, l'adaptation de la recette pour la préparer en milieu hostile, sans casserole et cuisinière :-P

Si vous ne voulez pas utiliser le mot turc γιουβαρλάκια allez y pour βωλαρούδια, la version grecque pour dire boulette de viande ! Je n'ai appris ce que le mot signifiait qu'il y a quelques jours. Je me demandais en fait pourquoi on ajoute systématiquement αυγολέμονο pour la recette, à l'oeuf et au citron littéralement dans un mot valise, mais connaissant l'étymologie tout s'éclaire. Je n'ai jamais vu le mot utilisé pour autre chose que des boulette de viande au riz, mais j'ai bien trouvé une recette de γιουβαρλάκια με ντοματόσουπα, à la soupe de tomates. Je n'ai pas testé encore.

Ma mère les préparait comme Niki et avec la recette sont venus des souvenirs.

Il vous faut :

  • un demi-kilo de viande hachée de boeuf,
  • une demi-tasse de thé de riz,
  • un oignon moyen finement haché,
  • du persil finement haché également, deux cuillerées à soupe,
  • deux oeufs,
  • deux citrons moyens,
  • une demi-tasse à thé d'huile d'olive (ou un peu moins),
  • un peu de farine.
Rien d'exotique.

Mélangez bien la viande hachée, le riz (n'oubliez pas de le rincer avant et le laisser égouter bien), l'oignon, le persil et le blanc d'un oeuf. On sale et on poivre à sa convenance. La pâte faite, on la roule en boulettes. Je les préfère rondes et petites, Niki nous a préparé des oblongues.

giouvavant.png
Chacun à sa façon.

Avant de vous coller à la réalisation regardez bien la photo. Ignorez les poires, elles n'ont absolument rien à voir avec la recette. Remarquez les lunettes de piscine en bas à gauche ! Très utiles les lunettes de piscine. Pas que pour les giouvarlakia. Pour chaque fois que vous aurez à couper de l'oignon ! Portez-les et vous ne jouerez plus les pleureuses pour préparer votre oignon. Comment ne pas tomber amoureux d'une nenette qui porte des lunettes de piscine, qui a pensé à porter les lunettes de piscine, pour préparer l'oignon… a) elle a des lunettes de piscine, b) elle les voit pas seulement comme des lunettes de piscine, mais aussi comme des protections contre les gaz lacrymogènes, soient-ils ceux de la cuisine ordinaire.

Posez les boulettes au fond de votre casserole, après les avoir roulé dans la farine, et couvrez d'eau bouillante; si vous voulez le résultat façon soupe mettez en un peu plus. Si vous ajoutez beaucoup plus ajoutez un cube de fond de veau.

Couvrez et gardez en légère ébullition pendant 25 minutes. Dix minutes avant la fin versez l'huile d'olive dans la casserole. Je n'ai jamais compris pourquoi c'est meilleur ainsi, mais c'est meilleur.

La phase délicate est à la fin. Battez les oeufs (n'oubliez pas le jaune du premier oeuf), ajoutez-y le jus de citron. Descendez la casserole du feu et à l'aide d'une louche (louchette, grosse cuillère) sortez la moitié du jus restant. Doucement, progressivement, pendant que vous continuez de battre les oeufs/citron, ajoutez-y le jus de cuisson. Doucement ! Pour que ça ne chauffe pas trop et ne vous coagule l'oeuf. Ce n'est pas que ce n'est pas bon, mais ce n'est pas beaux.


Il y en a qui préfèrent laisser tiédir un peu avant de faire l'avgolemono, pas la peine, mais doucement.

Versez le tout dans la casserole et remuez un peu pour mélanger l'avgolemono avec le reste du jus. Servez. Mangez.


Il y en a qui aiment les écraser et les disperser dans le jus, ce qui peut faire le malheur de la ménagère ou du ménager qui a tout fait pour que ses boulettes tiennent bien, ou le bonheur de celles qui n'y arrivent pas et qui font semblant de les avoir écrasé volontairement ! (non, vous ne trouverez pas de mec qui laisse se désagréger ses boulettes)

giouvservis.png

Aujourd'hui je voulais en faire, mais j'ai dû travailler en milieu hostile. Pas de casserole, pas de cuisinière, juste un microondes.

Aucun problème, ça marche très bien. Avec quelques micro-modifications.
Pas d'oignon pour moi (je m'en passe autant que possible, j'aime pas ça), j'ai substitué d'une cuillerée à café de fond de veau.
J'ai utilisé du riz étuvé, à cuisson rapide, donc j'ai laissé juste 15 min pour la cuisson.
J'ai pensé ajouter l'huile d'olive à 7 de la fin de la cuisson et j'en ai mis juste une lichette pour parfumer (suis au régime).
Le reste identique.


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